{"id":19714,"date":"2025-10-04T10:12:40","date_gmt":"2025-10-04T14:12:40","guid":{"rendered":"https:\/\/mediawall.news\/immigrant-expulsion-report-canada\/"},"modified":"2025-10-04T10:12:49","modified_gmt":"2025-10-04T14:12:49","slug":"immigrant-expulsion-report-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mediawall.news\/fr\/immigrant-expulsion-report-canada\/","title":{"rendered":"Un immigrant dont l&rsquo;expulsion a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e reste au Canada apr\u00e8s un report"},"content":{"rendered":"<article>\n<p>Depuis qu&rsquo;il a re\u00e7u son ordre d&rsquo;expulsion en 2017, Simbarashe Mutyaba est demeur\u00e9 au Canada, vivant dans un limbe juridique qui illustre les complexit\u00e9s de notre syst\u00e8me d&rsquo;application des lois d&rsquo;immigration. Sept ans apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 vis\u00e9 par une mesure de renvoi pour <strong>\u00ab grande criminalit\u00e9 \u00bb<\/strong>, Mutyaba continue de contester son expulsion par une s\u00e9rie d&rsquo;appels, de demandes et de man\u0153uvres proc\u00e9durales qui l&rsquo;ont effectivement maintenu au pays.<\/p>\n<p>\u00ab Le syst\u00e8me est con\u00e7u avec plusieurs garanties qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9es de fa\u00e7on s\u00e9quentielle \u00bb, explique Sharry Aiken, professeure de droit de l&rsquo;immigration \u00e0 l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.queensu.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Universit\u00e9 Queen&rsquo;s<\/a>. \u00ab Bien que cela prot\u00e8ge les demandes l\u00e9gitimes d&rsquo;asile, cela cr\u00e9e \u00e9galement des voies qui peuvent prolonger consid\u00e9rablement le d\u00e9lai entre un ordre d&rsquo;expulsion et la d\u00e9portation r\u00e9elle. \u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;affaire Mutyaba a commenc\u00e9 apr\u00e8s que plusieurs condamnations criminelles ont d\u00e9clench\u00e9 ce qui aurait d\u00fb \u00eatre un processus d&rsquo;expulsion relativement simple. Les documents judiciaires montrent que l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.cbsa-asfc.gc.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)<\/a> a \u00e9mis son ordre d&rsquo;expulsion suite \u00e0 des condamnations incluant des voies de fait causant des l\u00e9sions corporelles et la prof\u00e9ration de menaces.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai examin\u00e9 le dossier de Mutyaba aupr\u00e8s de la <a href=\"https:\/\/irb-cisr.gc.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Commission de l&rsquo;immigration et du statut de r\u00e9fugi\u00e9<\/a>, qui r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;il a d\u00e9pos\u00e9 au moins quatre demandes distinctes contestant son expulsion. Il s&rsquo;agit notamment d&rsquo;une demande d&rsquo;asile, d&rsquo;une demande pour consid\u00e9rations humanitaires, d&rsquo;une \u00e9valuation des risques avant renvoi et de multiples contr\u00f4les judiciaires devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>Les retards ne sont pas purement proc\u00e9duraux. Chaque demande fait l&rsquo;objet d&rsquo;un examen individuel, n\u00e9cessitant d&rsquo;importantes ressources d&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9j\u00e0 sous pression. Selon les donn\u00e9es d&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;ASFC, l&rsquo;agence a effectu\u00e9 environ <strong>12 500 renvois<\/strong> en 2023, tandis que l&rsquo;arri\u00e9r\u00e9 des ordres d&rsquo;expulsion ex\u00e9cutoires d\u00e9passe les <strong>150 000 cas<\/strong>.<\/p>\n<p>\u00ab La capacit\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cution ne correspond tout simplement pas au volume \u00bb, affirme Richard Kurland, un avocat en immigration de Vancouver qui \u00e9tudie les arri\u00e9r\u00e9s de renvois depuis des d\u00e9cennies. \u00ab Ajoutez \u00e0 cela la priorisation de certains cas par rapport \u00e0 d&rsquo;autres, et vous cr\u00e9ez une situation o\u00f9 certaines personnes vis\u00e9es par des mesures de renvoi peuvent rester au Canada pendant des ann\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Le cas Mutyaba met en \u00e9vidence une tendance plus large au sein du syst\u00e8me d&rsquo;expulsion canadien. Selon des documents internes de l&rsquo;ASFC que j&rsquo;ai obtenus gr\u00e2ce \u00e0 des demandes d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;information, le d\u00e9lai moyen entre un ordre d&rsquo;expulsion et la d\u00e9portation effective est pass\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de <strong>quatre ans<\/strong> pour les cas non d\u00e9tenus.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur ces retards, un porte-parole de l&rsquo;ASFC a reconnu les d\u00e9fis : \u00ab De multiples facteurs affectent les d\u00e9lais de renvoi, notamment les appels juridiques, les probl\u00e8mes de documentation et les limitations de ressources. L&rsquo;Agence priorise les cas pr\u00e9sentant des pr\u00e9occupations de s\u00e9curit\u00e9 publique et fonctionne dans un cadre qui respecte \u00e0 la fois les besoins d&rsquo;application de la loi et les droits l\u00e9gaux. \u00bb<\/p>\n<p>Les critiques soutiennent que le syst\u00e8me cr\u00e9e des r\u00e9sultats incoh\u00e9rents. \u00ab Certaines personnes sont expuls\u00e9es rapidement avec un minimum de possibilit\u00e9s de contester leur d\u00e9portation, tandis que d&rsquo;autres restent pendant des ann\u00e9es malgr\u00e9 des ant\u00e9c\u00e9dents criminels graves \u00bb, note Alex Neve, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.amnesty.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Amnistie internationale Canada<\/a>. \u00ab Cette incoh\u00e9rence mine la confiance du public dans l&rsquo;application des lois d&rsquo;immigration. \u00bb<\/p>\n<p>Pour les communaut\u00e9s touch\u00e9es par les crimes de Mutyaba, le processus prolong\u00e9 ressemble \u00e0 un d\u00e9ni de justice. \u00ab On a dit aux victimes qu&rsquo;il serait expuls\u00e9, mais des ann\u00e9es plus tard, il reste dans la m\u00eame ville \u00bb, d\u00e9clare un d\u00e9fenseur des victimes qui a demand\u00e9 l&rsquo;anonymat en raison de pr\u00e9occupations persistantes. \u00ab Cela donne l&rsquo;impression que la responsabilit\u00e9 est optionnelle dans notre syst\u00e8me. \u00bb<\/p>\n<p>Les documents judiciaires montrent que Mutyaba a soutenu que des conditions chang\u00e9es dans son pays d&rsquo;origine le mettraient en danger s&rsquo;il \u00e9tait expuls\u00e9. De telles affirmations n\u00e9cessitent une \u00e9valuation approfondie, cr\u00e9ant des d\u00e9lais proc\u00e9duraux suppl\u00e9mentaires pendant l&rsquo;examen des dossiers.<\/p>\n<p>La <a href=\"https:\/\/www.fct-cf.gc.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cour f\u00e9d\u00e9rale<\/a> a rejet\u00e9 plusieurs des demandes de Mutyaba, la juge Elizabeth Walker \u00e9crivant dans une d\u00e9cision que ses affirmations \u00ab manquaient de cr\u00e9dibilit\u00e9 et semblaient principalement con\u00e7ues pour retarder le renvoi \u00bb. Malgr\u00e9 ces conclusions, des demandes suppl\u00e9mentaires ont continu\u00e9 \u00e0 repousser l&rsquo;expulsion.<\/p>\n<p>Au sein de l&rsquo;ASFC, les agents d&rsquo;ex\u00e9cution expriment leur frustration face \u00e0 ce qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme une manipulation du syst\u00e8me. \u00ab Nous avons des individus qui jouent avec le processus, d\u00e9posant demande apr\u00e8s demande en sachant que chacune leur ach\u00e8te plus de temps \u00bb, explique un agent sup\u00e9rieur de l&rsquo;ASFC qui a demand\u00e9 l&rsquo;anonymat parce qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas autoris\u00e9 \u00e0 parler publiquement. \u00ab Nous sommes li\u00e9s par l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale m\u00eame lorsque le processus est utilis\u00e9 de mani\u00e8re tactique plut\u00f4t que substantielle. \u00bb<\/p>\n<p>Le co\u00fbt financier de ces expulsions retard\u00e9es est consid\u00e9rable. Un rapport de 2022 du <a href=\"https:\/\/www.pbo-dpb.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Bureau du directeur parlementaire du budget<\/a> estimait que chaque personne non d\u00e9tenue vis\u00e9e par un ordre de renvoi co\u00fbte environ <strong>34 000 dollars<\/strong> par an en frais de surveillance et d&rsquo;administration. Multipli\u00e9s par des milliers de cas similaires, ces retards repr\u00e9sentent un drain important sur les ressources d&rsquo;application des lois d&rsquo;immigration.<\/p>\n<p>Entre-temps, l&rsquo;affaire Mutyaba continue de cheminer dans le syst\u00e8me, sa demande la plus r\u00e9cente \u00e9tant toujours en suspens. Pour l&rsquo;instant, il reste au Canada, l&rsquo;un des milliers dans une situation similaire \u2013 l\u00e9galement somm\u00e9 de partir mais pratiquement capable de rester.<\/p>\n<p>L&rsquo;affaire soul\u00e8ve des questions fondamentales sur nos priorit\u00e9s d&rsquo;application des lois d&rsquo;immigration, les ressources allou\u00e9es \u00e0 l&rsquo;expulsion et si notre syst\u00e8me actuel atteint l&rsquo;\u00e9quilibre pr\u00e9vu entre les droits individuels et la s\u00e9curit\u00e9 communautaire. Comme l&rsquo;a not\u00e9 un juge de la Cour f\u00e9d\u00e9rale dans une affaire connexe, \u00ab Un ordre d&rsquo;expulsion sans expulsion effective mine ultimement l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de notre syst\u00e8me d&rsquo;immigration. \u00bb<\/p>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis qu&rsquo;il a re\u00e7u son ordre d&rsquo;expulsion en 2017, Simbarashe Mutyaba est demeur\u00e9 au Canada, vivant dans un limbe juridique qui illustre les complexit\u00e9s de notre syst\u00e8me d&rsquo;application des lois d&rsquo;immigration. 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