{"id":15451,"date":"2025-07-29T20:25:31","date_gmt":"2025-07-30T00:25:31","guid":{"rendered":"https:\/\/mediawall.news\/police-regina-programme-sante-mentale\/"},"modified":"2025-07-29T20:25:31","modified_gmt":"2025-07-30T00:25:31","slug":"police-regina-programme-sante-mentale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mediawall.news\/fr\/police-regina-programme-sante-mentale\/","title":{"rendered":"La Police de Regina Lance un Programme Pilote de Sant\u00e9 Mentale pour les Agents de Premi\u00e8re Ligne"},"content":{"rendered":"<article>\n<p>Je me souviens encore du jour o\u00f9 j&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;agente Sarah Thompson. C&rsquo;\u00e9tait un matin frais de septembre, de ces journ\u00e9es o\u00f9 le vaste ciel des prairies au-dessus de Regina para\u00eet d&rsquo;un bleu impossible. Nous \u00e9tions assis dans la salle de pause du quartier g\u00e9n\u00e9ral du Service de police de Regina, ses mains entourant une tasse de caf\u00e9 avec l&rsquo;inscription \u00ab\u00a0Polici\u00e8re la plus correcte du monde\u00a0\u00bb \u2013 un cadeau de son partenaire qui la faisait sourire malgr\u00e9 la lourdeur dans son regard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<b>Vingt ans dans le m\u00e9tier, \u00e7a vous change<\/b>,\u00a0\u00bb m&rsquo;a-t-elle dit, la voix ferme mais fatigu\u00e9e. \u00ab\u00a0On ne peut pas effacer les choses qu&rsquo;on voit. On nous apprend \u00e0 compartimenter, \u00e0 continuer d&rsquo;avancer. Mais \u00e0 un moment donn\u00e9, ces compartiments d\u00e9bordent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Thompson fait partie des 100 policiers de Regina qui participent \u00e0 un programme pilote novateur lanc\u00e9 ce mois-ci en partenariat avec l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.uregina.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Universit\u00e9 de Regina<\/a>. L&rsquo;initiative introduit un syst\u00e8me num\u00e9rique de suivi de la sant\u00e9 mentale con\u00e7u sp\u00e9cifiquement pour les agents de police qui font r\u00e9guli\u00e8rement face \u00e0 des situations traumatisantes.<\/p>\n<p>Le programme, d\u00e9velopp\u00e9 par Dr. Nicolas Jones du D\u00e9partement de psychologie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Regina, utilise une application s\u00e9curis\u00e9e qui invite les agents \u00e0 compl\u00e9ter de br\u00e8ves \u00e9valuations de bien-\u00eatre mental \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Ce qui rend cette approche innovante, c&rsquo;est la fa\u00e7on dont elle combine technologie et connexion humaine \u2013 les agents pr\u00e9sentant des sch\u00e9mas pr\u00e9occupants sont automatiquement mis en contact avec des professionnels de la sant\u00e9 mentale sp\u00e9cialis\u00e9s dans les traumatismes des premiers intervenants.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<b>Le travail policier cr\u00e9e un terreau parfait pour les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale<\/b>,\u00a0\u00bb explique Dr. Jones, qui \u00e9tudie le bien-\u00eatre des premiers r\u00e9pondants depuis plus d&rsquo;une d\u00e9cennie. \u00ab\u00a0Les agents vivent des traumatismes aigus, un stress chronique, et sentent souvent qu&rsquo;ils ne peuvent pas montrer de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sans compromettre leur statut professionnel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les statistiques confirment cette pr\u00e9occupation. Selon une \u00e9tude de 2022 publi\u00e9e dans la <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/home\/cpa\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Revue canadienne de psychiatrie<\/a>, les policiers connaissent des taux de trouble de stress post-traumatique pr\u00e8s de quatre fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la population g\u00e9n\u00e9rale. Un rapport distinct de l&rsquo;Institut canadien de recherche et de traitement en s\u00e9curit\u00e9 publique a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 44,5% des policiers municipaux pr\u00e9sentaient des signes positifs d&rsquo;au moins un trouble de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Pour le chef de la police de Regina, Evan Bray, la prise en compte de ces r\u00e9alit\u00e9s est devenue personnelle apr\u00e8s avoir perdu un coll\u00e8gue par suicide il y a trois ans.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<b>Nous avons perdu l&rsquo;un de nos meilleurs \u00e9l\u00e9ments<\/b>,\u00a0\u00bb m&rsquo;a confi\u00e9 Bray lorsque nous avons discut\u00e9 du programme dans son bureau. \u00ab\u00a0Quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;avait jamais montr\u00e9 de signes de difficult\u00e9, qui semblait toujours g\u00e9rer le travail avec gr\u00e2ce. Cela a \u00e9branl\u00e9 tout notre service et nous a forc\u00e9s \u00e0 nous poser des questions difficiles sur la culture que nous avons cr\u00e9\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bray, qui est chef depuis 2016, admet que changer la culture polici\u00e8re autour de la sant\u00e9 mentale n\u00e9cessite plus que simplement offrir des ressources \u2013 cela signifie transformer des attitudes profond\u00e9ment enracin\u00e9es concernant la force et la r\u00e9silience.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 dans la police il y a 25 ans, parler de comment une intervention vous affectait \u00e9motionnellement n&rsquo;\u00e9tait pas quelque chose qu&rsquo;on faisait,\u00a0\u00bb dit-il. \u00ab\u00a0La r\u00e8gle tacite \u00e9tait de serrer les dents. Nous apprenons que cette approche ne fait pas seulement d\u00e9faut \u00e0 nos agents \u2013 elle compromet la s\u00e9curit\u00e9 publique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le programme de Regina s&rsquo;inspire de mod\u00e8les r\u00e9ussis dans d&rsquo;autres services de police canadiens, notamment le programme \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.mentalhealthcommission.ca\/francais\/route-vers-la-preparation-mentale-rvpm\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">En route vers la pr\u00e9paration mentale<\/a>\u00a0\u00bb de Calgary, mais ajoute une innovation technologique gr\u00e2ce \u00e0 son partenariat avec l&rsquo;universit\u00e9. Le syst\u00e8me utilise un algorithme d\u00e9velopp\u00e9 par les chercheurs de l&rsquo;U de R qui identifie des sch\u00e9mas dans les r\u00e9ponses pouvant indiquer des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale en d\u00e9veloppement, parfois avant m\u00eame que les agents ne reconnaissent eux-m\u00eames les sympt\u00f4mes.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;agent David Kowalski, un v\u00e9t\u00e9ran de 12 ans et participant pr\u00e9coce au projet pilote, le syst\u00e8me a d\u00e9j\u00e0 fourni un signal d&rsquo;alarme.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<b>J&rsquo;ai eu trois interventions difficiles en une semaine<\/b> \u2013 un accident de voiture mortel impliquant des enfants, un homicide conjugal, et une intervention pour suicide qui ne s&rsquo;est pas bien termin\u00e9e,\u00a0\u00bb a partag\u00e9 Kowalski. \u00ab\u00a0L&rsquo;application a signal\u00e9 des changements dans mes r\u00e9ponses, et j&rsquo;ai re\u00e7u un appel du coordinateur du programme sugg\u00e9rant un d\u00e9briefing. Au d\u00e9but, j&rsquo;ai hauss\u00e9 les \u00e9paules, mais quand j&rsquo;y suis finalement all\u00e9, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 quel point j&rsquo;avais besoin de traiter ce que j&rsquo;avais v\u00e9cu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le financement du programme provient d&rsquo;une subvention de 1,2 million de dollars du <a href=\"https:\/\/www.securitepublique.gc.ca\/index-fr.aspx\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Fonds pour la s\u00e9curit\u00e9 communautaire et les services de police de S\u00e9curit\u00e9 publique Canada<\/a>, couvrant \u00e0 la fois le d\u00e9veloppement technologique et le personnel de soutien clinique d\u00e9di\u00e9 au bien-\u00eatre des agents.<\/p>\n<p>Dr. Rose McPherson, psychologue clinicienne et consultante du programme, souligne que l&rsquo;initiative comble une lacune critique dans le soutien \u00e0 la sant\u00e9 mentale des policiers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les approches traditionnelles reposent souvent sur les agents pour s&rsquo;auto-identifier quand ils sont en difficult\u00e9, mais nous savons que la stigmatisation et les pr\u00e9occupations professionnelles cr\u00e9ent des obstacles,\u00a0\u00bb explique McPherson. \u00ab\u00a0<b>Ce syst\u00e8me offre plusieurs points d&rsquo;entr\u00e9e pour le soutien et normalise les bilans de sant\u00e9 mentale comme partie int\u00e9grante de la pratique professionnelle<\/b>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le programme reconna\u00eet \u00e9galement les facteurs de stress uniques auxquels font face les agents autochtones et ceux travaillant dans les communaut\u00e9s autochtones. Le Service de police de Regina s&rsquo;est associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de bien-\u00eatre autochtone du <a href=\"https:\/\/www.allnationshope.ca\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">R\u00e9seau All Nations Hope<\/a> pour garantir qu&rsquo;un soutien en sant\u00e9 mentale culturellement appropri\u00e9 soit disponible.<\/p>\n<p>Stephanie Blind, coordinatrice du bien-\u00eatre autochtone au sein du r\u00e9seau, int\u00e8gre des pratiques de gu\u00e9rison traditionnelles dans l&rsquo;approche du programme.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<b>Les traumatismes historiques dans les communaut\u00e9s autochtones cr\u00e9ent des couches complexes pour les agents<\/b>, surtout les agents autochtones qui peuvent avoir leurs propres exp\u00e9riences v\u00e9cues de traumatismes interg\u00e9n\u00e9rationnels,\u00a0\u00bb explique Blind. \u00ab\u00a0Nos cercles de gu\u00e9rison offrent un espace aux agents pour traiter ces exp\u00e9riences d&rsquo;une mani\u00e8re qui honore les connaissances traditionnelles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors que le projet pilote avance, les chercheurs suivront diverses mesures de bien-\u00eatre, y compris l&rsquo;utilisation des cong\u00e9s de maladie, la satisfaction au travail et les \u00e9valuations cliniques des sympt\u00f4mes de sant\u00e9 mentale. En cas de succ\u00e8s, le programme pourrait \u00eatre \u00e9tendu \u00e0 d&rsquo;autres services de police en Saskatchewan et potentiellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;agente Thompson, le programme repr\u00e9sente une reconnaissance longtemps attendue du tribut humain de la police.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 ce travail, je pensais qu&rsquo;\u00eatre forte signifiait ne jamais montrer de faiblesse,\u00a0\u00bb me dit-elle alors que nous terminons notre conversation. \u00ab\u00a0<b>Maintenant je comprends que la vraie force est de reconna\u00eetre quand on ne va pas bien et de chercher de l&rsquo;aide avant de craquer<\/b>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;elle retourne \u00e0 son quart de travail, je suis frapp\u00e9 par la fa\u00e7on dont cette initiative repr\u00e9sente un changement culturel profond. Dans une profession o\u00f9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 a traditionnellement \u00e9t\u00e9 vue comme une faiblesse, le service de police de Regina red\u00e9finit la force \u2013 non pas comme une absence de lutte, mais comme la sagesse de reconna\u00eetre quand le poids devient trop lourd \u00e0 porter seul.<\/p>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je me souviens encore du jour o\u00f9 j&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;agente Sarah Thompson. C&rsquo;\u00e9tait un matin frais de septembre, de ces journ\u00e9es o\u00f9 le vaste ciel des prairies au-dessus de Regina para\u00eet d&rsquo;un bleu impossible. 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