{"id":12569,"date":"2025-07-05T12:40:50","date_gmt":"2025-07-05T16:40:50","guid":{"rendered":"https:\/\/mediawall.news\/documentaire-sante-mentale-kamloops\/"},"modified":"2025-07-05T12:40:50","modified_gmt":"2025-07-05T16:40:50","slug":"documentaire-sante-mentale-kamloops","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mediawall.news\/fr\/documentaire-sante-mentale-kamloops\/","title":{"rendered":"Documentaire sur la sant\u00e9 mentale \u00e0 Kamloops : Combattre la stigmatisation"},"content":{"rendered":"<article>\n<p>Une conversation sous la surface commence \u00e0 prendre forme \u00e0 Kamloops, o\u00f9 la cin\u00e9aste locale <strong>Sarah Jenkins<\/strong> a tourn\u00e9 sa cam\u00e9ra vers un sujet que beaucoup pr\u00e9f\u00e9reraient ne pas aborder. Son nouveau documentaire, <strong>\u00ab\u00a0Parler aux ombres\u00a0\u00bb<\/strong>, met en vedette sept r\u00e9sidents de Kamloops qui partagent leurs luttes contre la d\u00e9pression, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et d&rsquo;autres probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Le projet a pris racine l&rsquo;hiver dernier lorsque Jenkins, infirmi\u00e8re de 34 ans devenue cin\u00e9aste, a remarqu\u00e9 un sch\u00e9ma inqui\u00e9tant chez ses patients. \u00ab\u00a0Les gens chuchotaient \u00e0 propos de leurs probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale,\u00a0\u00bb m&rsquo;a-t-elle confi\u00e9 lors de notre entrevue dans un caf\u00e9 du centre-ville. \u00ab\u00a0Ils regardaient autour d&rsquo;eux d&rsquo;abord, comme s&rsquo;ils avouaient quelque chose de honteux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette observation l&rsquo;a propuls\u00e9e dans un voyage de 8 mois documentant la r\u00e9alit\u00e9 de la sant\u00e9 mentale dans une communaut\u00e9 canadienne de taille moyenne o\u00f9 les ressources sont limit\u00e9es et les listes d&rsquo;attente pour les services de counseling peuvent s&rsquo;\u00e9tendre au-del\u00e0 de six mois.<\/p>\n<p>La r\u00e9gion de Thompson-Nicola a connu une augmentation de <strong>22%<\/strong> des visites aux urgences li\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 mentale depuis 2019, selon les donn\u00e9es de la <a href=\"https:\/\/www.interiorhealth.ca\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Sant\u00e9 Int\u00e9rieure<\/a>. Pourtant, le financement provincial pour les initiatives communautaires en sant\u00e9 mentale dans la r\u00e9gion n&rsquo;a augment\u00e9 que de 7% pendant la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les chiffres ne racontent pas toute l&rsquo;histoire,\u00a0\u00bb explique Dr. Amrita Sandhu, psychiatre \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Royal Inland qui appara\u00eet dans le documentaire. \u00ab\u00a0Derri\u00e8re chaque statistique se trouve quelqu&rsquo;un qui lutte pour acc\u00e9der aux soins tout en g\u00e9rant ses responsabilit\u00e9s quotidiennes \u2013 son travail, sa famille, tout ce qui compose une vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui rend le documentaire de Jenkins particuli\u00e8rement puissant est son accent sur les gens ordinaires plut\u00f4t que seulement sur ceux en crise aigu\u00eb. Le film met en vedette un enseignant du secondaire, un travailleur de la construction, un comptable retrait\u00e9 et d&rsquo;autres qui fonctionnent dans leurs communaut\u00e9s tout en g\u00e9rant des probl\u00e8mes persistants de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La maladie mentale ne ressemble pas toujours \u00e0 ce que les gens attendent,\u00a0\u00bb explique Jenkins. \u00ab\u00a0La plupart des personnes souffrant de d\u00e9pression ou d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 ne sont pas \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Ce sont vos voisins, vos coll\u00e8gues, la personne qui scanne vos \u00e9piceries.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le film a touch\u00e9 une corde sensible localement, avec trois projections \u00e0 guichets ferm\u00e9s au Th\u00e9\u00e2tre Paramount le mois dernier. Une quatri\u00e8me projection a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e pour la semaine prochaine, les recettes soutenant la filiale de Kamloops de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/cmha.ca\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Association canadienne pour la sant\u00e9 mentale<\/a>.<\/p>\n<p>Le conseiller municipal Darren Watson, qui a assist\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re, a qualifi\u00e9 le documentaire de \u00ab\u00a0signal d&rsquo;alarme n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb pour les dirigeants locaux. \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas seulement un probl\u00e8me de sant\u00e9. C&rsquo;est un probl\u00e8me communautaire qui affecte notre \u00e9conomie, nos \u00e9coles, nos familles,\u00a0\u00bb a-t-il not\u00e9 apr\u00e8s la projection.<\/p>\n<p>Le film ne recule pas devant les v\u00e9rit\u00e9s difficiles. Un participant, Mike Doherty, \u00e9lectricien de 43 ans, d\u00e9crit comment il a cach\u00e9 son trouble anxieux \u00e0 ses coll\u00e8gues pendant plus d&rsquo;une d\u00e9cennie. \u00ab\u00a0Dans la construction, on est cens\u00e9 \u00eatre <strong>dur<\/strong>,\u00a0\u00bb dit-il dans un segment particuli\u00e8rement \u00e9mouvant. \u00ab\u00a0J&rsquo;avais des crises de panique dans mon camion, puis je marchais sur le chantier comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;approche de Jenkins \u00e9vite \u00e0 la fois le d\u00e9tachement clinique et la sentimentalit\u00e9 excessive. Elle cr\u00e9e plut\u00f4t un espace pour des histoires nuanc\u00e9es qui d\u00e9fient les st\u00e9r\u00e9otypes. Le documentaire montre comment les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale traversent les lignes d&rsquo;\u00e2ge, de genre et socio\u00e9conomiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand nous avons commenc\u00e9 \u00e0 filmer, je craignais que les gens ne veuillent pas parler devant la cam\u00e9ra,\u00a0\u00bb admet Jenkins. \u00ab\u00a0Mais une fois lanc\u00e9s, le d\u00e9fi est devenu d&rsquo;int\u00e9grer tout dans 90 minutes. Les gens sont pr\u00eats \u00e0 briser le silence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le documentaire souligne \u00e9galement les lacunes syst\u00e9miques. Kamloops compte actuellement un travailleur de proximit\u00e9 en sant\u00e9 mentale pour 9 800 r\u00e9sidents, compar\u00e9 \u00e0 la moyenne provinciale d&rsquo;un pour 6 200. Ces limitations de ressources signifient que de nombreux r\u00e9sidents comptent sur des groupes de soutien par les pairs ou des ressources en ligne lorsque l&rsquo;aide professionnelle n&rsquo;est pas accessible.<\/p>\n<p>Lisa Montague de l&rsquo;Association pour la sant\u00e9 mentale de Kamloops appara\u00eet dans le film pour discuter de ces d\u00e9fis. \u00ab\u00a0Nous voyons plus de personnes demander de l&rsquo;aide, ce qui est positif, mais notre capacit\u00e9 n&rsquo;a pas suivi le rythme,\u00a0\u00bb explique-t-elle. \u00ab\u00a0Certaines semaines, nous devons refuser autant de personnes que nous en aidons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le film a catalys\u00e9 l&rsquo;action communautaire. Suite aux projections initiales, deux entreprises locales ont annonc\u00e9 le financement de formations aux premiers secours en sant\u00e9 mentale pour leurs employ\u00e9s. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.tru.ca\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Universit\u00e9 Thompson Rivers<\/a> a programm\u00e9 une projection sur le campus pour les \u00e9tudiants cet automne.<\/p>\n<p>Le maire Reid Hamer-Jackson, qui a assist\u00e9 \u00e0 la deuxi\u00e8me projection, s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 soulever ces questions lors de la prochaine r\u00e9union des maires de l&rsquo;Int\u00e9rieur de la Colombie-Britannique. \u00ab\u00a0Ce film rend impossible de d\u00e9tourner le regard de ce qui se passe dans notre communaut\u00e9,\u00a0\u00bb a-t-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;audience lors de la discussion apr\u00e8s la projection.<\/p>\n<p>Pour Jenkins, le documentaire ne repr\u00e9sente que le d\u00e9but. \u00ab\u00a0Les films ne r\u00e9solvent pas les probl\u00e8mes, les gens le font,\u00a0\u00bb dit-elle. \u00ab\u00a0Mais parfois, nous devons nous voir refl\u00e9t\u00e9s pour reconna\u00eetre que nous ne sommes pas seuls.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui distingue <strong>\u00ab\u00a0Parler aux ombres\u00a0\u00bb<\/strong> de projets similaires est son insistance sur l&rsquo;espoir sans masquer la r\u00e9alit\u00e9. Le documentaire ne se termine pas avec des r\u00e9solutions nettes, mais avec des participants discutant de ce qui les aide \u00e0 continuer \u2013 les connexions avec les autres, les exutoires cr\u00e9atifs, les m\u00e9dicaments lorsque n\u00e9cessaire, et le simple pouvoir de voir leurs exp\u00e9riences valid\u00e9es.<\/p>\n<p>En concluant notre entrevue, Jenkins a partag\u00e9 ce qui l&rsquo;a le plus surprise dans la r\u00e9ponse de la communaut\u00e9. \u00ab\u00a0Les gens me remercient continuellement d&rsquo;avoir fait quelque chose de &lsquo;courageux&rsquo;, mais le vrai courage appartient aux participants. Ce sont eux qui se sont assis devant une cam\u00e9ra et ont dit: &lsquo;C&rsquo;est ma v\u00e9rit\u00e9, et elle compte.'\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le documentaire sera disponible pour les organisations communautaires \u00e0 projeter \u00e0 partir du mois prochain, avec des guides de discussion d\u00e9velopp\u00e9s par des professionnels de la sant\u00e9 mentale pour aider \u00e0 faciliter les conversations apr\u00e8s les visionnages.<\/p>\n<p>Dans une communaut\u00e9 o\u00f9 tout le monde semble connect\u00e9 par seulement quelques degr\u00e9s de s\u00e9paration, <strong>\u00ab\u00a0Parler aux ombres\u00a0\u00bb<\/strong> rappelle aux spectateurs que beaucoup d&rsquo;entre nous sont \u00e9galement li\u00e9s par des exp\u00e9riences dont nous parlons rarement \u2013 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que quelqu&rsquo;un allume enfin la lumi\u00e8re.<\/p>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une conversation sous la surface commence \u00e0 prendre forme \u00e0 Kamloops, o\u00f9 la cin\u00e9aste locale Sarah Jenkins a tourn\u00e9 sa cam\u00e9ra vers un sujet que beaucoup pr\u00e9f\u00e9reraient ne pas aborder. 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