Scott Oake quitte la cabine de diffusion. Après plus de cinq décennies à raconter les histoires du hockey canadien, la voix qui a bercé tant de gens prend sa retraite.
Il l’a annoncé officiellement durant le segment d’After Hours samedi soir. Le timing lui semble parfait. Les séries éliminatoires de la Coupe Stanley marqueront son dernier tour de piste.
« Cinquante ans et plus dans ce métier, c’est en masse pour endurer ma face », a lancé Oake en ondes. Il a souri en ajoutant que c’était à peu près tout ce qu’il pouvait lui-même endurer.
Y’a quelque chose d’honnête dans ce genre d’adieu. Pas de tralala. Juste un vétéran qui sait quand le moment est venu.
Oake animera son dernier After Hours le 11 avril. C’est le dernier samedi de la saison régulière de la LNH. Il espère que les téléspectateurs seront au rendez-vous pour ce qu’il appelle sa « dernière chance de bien faire ça ».
La carrière a commencé loin des projecteurs. Oake a débuté comme journaliste à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador. Il a pris le chemin vers l’ouest pour Winnipeg à la fin des années 1970 afin de poursuivre en diffusion sportive.
Une décennie plus tard, La Soirée du hockey est venue cogner à sa porte. Oake est devenu un pilier dans les arénas d’un bout à l’autre du pays. Des générations de fans connaissent sa voix comme ils connaissent l’hymne national avant la mise au jeu.
Mais sa vie publique a dépassé les descriptions de jeu et les analyses d’après-match. Oake est devenu un défenseur du rétablissement de la toxicomanie après avoir perdu son fils Bruce en 2011. Le jeune homme de 25 ans est décédé d’une surdose accidentelle.
Cette tragédie a transformé la façon dont Oake a utilisé sa plateforme. Il a parlé ouvertement de son deuil et du besoin de meilleurs soutiens. Son plaidoyer a touché ben du monde au-delà du monde du hockey.
La reconnaissance a suivi. Oake a été intronisé au Temple de la renommée du hockey du Manitoba en 2015. Il a reçu l’Ordre du Manitoba et l’Ordre du Canada.
Sportsnet a publié un communiqué pour le féliciter d’une carrière extraordinaire. Le réseau l’a qualifié de voix de confiance et de présence stable depuis plus de trois décennies.
« Par ses reportages réfléchis, sa compassion sincère et son professionnalisme inébranlable, il a contribué à raconter les histoires qui définissent le hockey », peut-on lire dans le communiqué. Ils l’ont remercié pour ses contributions à la radiodiffusion canadienne.
CBC News a contacté Oake dimanche. Il demeure basé à Winnipeg, enraciné dans la communauté qui l’a vu devenir l’un des principaux diffuseurs sportifs du pays.
Ce qui ressort, c’est la façon dont Oake a présenté son départ. Il part selon ses propres termes. Ça compte dans une profession où plusieurs n’ont pas le choix de leur sortie.
Y’a pas d’amertume dans ses mots. Juste une reconnaissance que les carrières ont des arcs. La sienne a été plus longue et plus marquante que la plupart.
Les séries vont avoir un drôle d’air en sachant que c’est sa dernière fois. Les téléspectateurs vont écouter un peu plus attentivement. Ils vont remarquer la cadence qu’ils tenaient pour acquise.
La diffusion du hockey au Canada va continuer sans lui. Mais ça va pas sonner pareil pantoute. Oake apportait quelque chose de précis à la cabine — un mélange de connaissances, de chaleur et d’expérience vécue.
Son travail de défense des droits va probablement continuer. Les enjeux qu’il a portés prennent pas leur retraite quand lui le fait. Les familles aux prises avec la toxicomanie ont encore besoin de voix prêtes à parler franchement de perte et de rétablissement.
Le 11 avril est encerclé sur ben des calendriers maintenant. Les fans veulent être là pour l’émission finale. Ils veulent dire au revoir à quelqu’un qui faisait partie de leurs samedis soirs.
La carrière d’Oake a couvert des changements massifs dans la façon dont les Canadiens consomment le sport. Il s’est adapté sans perdre ce qui le rendait efficace. C’est rare en radiodiffusion.
Les hommages vont pleuvoir dans les prochaines semaines. D’anciens collègues et athlètes vont partager leurs histoires. Les téléspectateurs vont publier leurs souvenirs en ligne.
Mais l’hommage le plus approprié sera peut-être le plus simple. Être à l’écoute le 11 avril et écouter une dernière fois. Laisser une voix familière vous guider à travers la partie.
Oake a dit qu’il espère que les gens seront avec lui pour cette dernière diffusion. D’après la réponse jusqu’à maintenant, ça sera pas un problème.
Cinquante ans, c’est long en maudit pour faire n’importe quoi. Le faire bien, avec constance et grâce, c’est autre chose. Oake a réussi les deux.
Quand les séries vont finir pis que son micro va se taire, le hockey canadien va continuer. La game continue toujours. Mais la trame sonore change quand des voix comme la sienne s’en vont.
Il part selon ses propres termes. Cette phrase revient tout le temps. Dans un métier qui permet pas toujours des sorties élégantes, Oake a trouvé la sienne.
Les dernières semaines vont être douces-amères pour ben du monde. Y’a de la gratitude mélangée avec de la tristesse. C’est ce qui arrive quand quelqu’un devient partie de ta routine pendant des décennies.
L’héritage d’Oake, c’est pas juste dans les émissions. C’est dans la façon dont il a utilisé sa position après une tragédie personnelle. Il a transformé le deuil en mission.
La communauté du hockey est meilleure pour l’avoir eu. Tout comme les familles touchées par son travail de défense des droits. Les deux vont s’ennuyer de sa présence.
Avril va arriver vite. La saison régulière va se terminer. Les séries vont commencer. Et quelque part dans ce chaos familier, Scott Oake va signer son départ.
Ça sera pas bruyant. Ça sera probablement pas dramatique. Mais ça va compter pour tous ceux qui l’ont déjà écouté.