Le jeudi met un chiffre dur sur ce que beaucoup de Canadiens ressentent déjà dans leurs tripes. Un an après le début de la guerre tarifaire de Donald Trump qui a chamboulé le commerce transfrontalier, le marché de l’emploi est passé de stable à paralysé. Les données sur l’emploi montrent maintenant que la résilience cède la place à quelque chose qui ressemble davantage à de la stagnation.
Brendon Bernard chez Indeed parle de statique. Ce mot-là a plus de poids qu’il n’en a l’air. Statique, ça veut dire qu’on ne bouge plus. Ça veut dire qu’on attend. Pis pour les travailleurs des usines automobiles, des aciéries et des villes forestières, attendre vient souvent avec de l’inquiétude.
Les tarifs du « Liberation Day » de Trump ont frappé fort les exportations canadiennes. L’aluminium, le bois d’œuvre, les véhicules — tout pris dans le feu croisé de son agenda commercial. Au début, certains secteurs ont montré de la résilience. Les entreprises se sont ajustées. Les provinces ont offert du soutien. Mais un an plus tard, cette combativité du début s’effrite.
Bernard souligne que le bassin de main-d’œuvre lui-même rétrécit. Moins de gens qui entrent sur le marché du travail, ça veut dire moins d’emplois créés. Mélangez ça avec les dommages causés par les tarifs pis vous vous retrouvez avec un marché qui respire à peine. Pire encore, la douleur commence à se propager. Des industries pas directement touchées par les droits de douane sentent le froid. Les emplois dans les services. Le commerce de détail. Les secteurs de soutien qui dépendent des dépenses de travailleurs qui ne se sentent plus en sécurité.
C’est comme ça que la douleur économique se propage. Ça commence à la porte de l’usine pis ça rentre dans le café du coin. Ça passe des mises à pied à Windsor à la prudence à Calgary. Les données le confirment. L’embauche a ralenti. Les offres d’emploi sont en baisse. Des postes restent vacants pas parce que le talent manque, mais parce que les entreprises retiennent leur souffle.
Personne sait ce que Trump va faire ensuite. Cette incertitude à elle seule tue des emplois.
Pendant ce temps, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand se dirige jeudi vers des pourparlers avec des homologues de plus d’une trentaine de nations. Le sujet, c’est le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime étroite entre l’Iran et Oman gère environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. En ce moment, c’est un point chaud.
Anand a été claire sur la position du Canada. Une fois qu’un cessez-le-feu sera en place, le Canada va aider à sécuriser le détroit. C’est un gros « si ». Trump et l’Iran sont à des kilomètres l’un de l’autre sur la question de savoir si Téhéran veut même un cessez-le-feu. Mercredi soir, Trump a dit aux Américains qu’il prévoit frapper l’Iran fort dans les prochaines semaines. Il a utilisé l’expression « âge de pierre ». C’est pas du langage diplomatique. C’est du langage de menace.
La réponse de l’Iran est venue vite. Un porte-parole du président Massoud Pezeshkian a qualifié le discours de Trump de dément. Elias Hazrati a dit que les remarques ont renforcé la fierté nationale en Iran. Il a ajouté que l’Iran gère le détroit avec puissance. Traduction : ils ne reculeront pas.
C’est le genre de confrontation qui garde les marchés nerveux. Les prix du pétrole réagissent à chaque manchette. Les compagnies maritimes changent de route. Pis le Canada, avec ses exportations d’énergie et ses dépendances commerciales, surveille de près. La présence d’Anand aux pourparlers organisés au Royaume-Uni signale qu’Ottawa veut avoir son mot à dire dans n’importe quelle solution qui émerge. Mais les solutions demandent que les deux parties soient prêtes à parler. En ce moment, ça semble loin.
Au-dessus de toute cette tension, l’astronaute canadien Jeremy Hansen entre dans l’histoire. Lui et trois collègues de la NASA ont décollé mercredi du Kennedy Space Center à bord d’Artemis II. La mission, c’est le premier retour de l’humanité dans l’espace lunaire en plus de cinquante ans.
Hansen est accompagné de Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch. L’équipage tourne d’abord autour de la Terre, teste les systèmes avant d’allumer le moteur principal vers la lune. Cette poussée les propulsera au-delà de l’orbite terrestre basse. Hansen devient le premier non-Américain à faire ce voyage.
La mission dure dix jours. Elle n’atterrit pas sur la lune. Ça, c’est pour plus tard. Mais ce vol prouve que le matériel fonctionne. Il prouve que la capsule Orion peut gérer l’espace profond. Pis ça place un Canadien au centre d’une mission qui redéfinit ce qui est possible.
Pour un pays qui joue souvent les seconds violons dans l’exploration spatiale, c’est un jalon important. La présence de Hansen reflète des décennies d’investissements canadiens dans la robotique, la recherche et la collaboration. C’est aussi symbolique. Dans une semaine dominée par les tarifs et les conflits, voilà une histoire d’ambition et de coopération.
De retour sur terre, une salle d’audience au Québec se concentre sur la clôture. Salim Touaibi revient aujourd’hui pour sa sentence après qu’un jury l’ait reconnu coupable de meurtre au premier degré la semaine dernière. Il a tué Meriem Boundaoui, une jeune fille de quinze ans, dans une fusillade au volant dans le secteur de Saint-Léonard à Montréal en février 2021.
Boundaoui était assise dans une Volkswagen Jetta quand une Mercedes blanche s’est approchée. Quelqu’un à l’intérieur a ouvert le feu. Le jury a également reconnu Touaibi coupable de quatre chefs d’accusation de tentative de meurtre. Son co-accusé, Aymane Bouadi, a été acquitté.
Le meurtre au premier degré entraîne automatiquement une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant vingt-cinq ans. Ce que le tribunal décide aujourd’hui déterminera combien de temps Touaibi restera derrière les barreaux. Mais aucune sentence ne ramène Boundaoui. Sa famille a attendu des années pour ce moment. La sentence offre une certaine forme de reddition de comptes, même si elle ne peut pas offrir la paix.
Pis en milieu rural au Nouveau-Brunswick, un autre type de crime suscite de la frustration. Le vol de cuivre explose. Début janvier, des voleurs ont volé du fil téléphonique à Clarendon, un petit secteur entre Fredericton et Saint-Jean. Environ 135 personnes ont perdu leur service téléphonique pendant deux semaines.
Clarendon a une mauvaise couverture cellulaire. Pas de ligne fixe, ça veut dire pas de 9-1-1. Le sergent Ben Comely de la GRC a dit que les résidents étaient complètement coupés. Les policiers ont plus tard trouvé le fil volé dans des seaux dans une maison à proximité. Les voleurs avaient fait fondre le revêtement en caoutchouc pour accéder au cuivre à l’intérieur.
Les agents ont saisi quatre-vingt-dix kilos de fil et ont accusé trois personnes de vol de plus de cinq mille dollars. Ce cas n’est pas isolé. Les vols de cuivre augmentent partout au Canada. Les lignes téléphoniques, le fil électrique, les matériaux de construction — tous des cibles. Le métal rapporte bon prix dans les cours à ferraille.
Certains blâment les cours elles-mêmes. Les critiques disent que les marchands ne posent pas assez de questions. Les propriétaires de cours à ferraille répliquent. Ils insistent qu’ils refusent les vendeurs suspects. Mais le cuivre continue de disparaître. Pis le monde continue de perdre des services critiques.
Le pattern est clair. Quand les prix des métaux montent, le vol suit. Le cuivre, c’est payant. C’est aussi facile à faire fondre et à vendre. Les communautés en paient le prix. Les régions rurales surtout. Perdre le service téléphonique, c’est pas juste un inconvénient. C’est dangereux.
Les manchettes de jeudi couvrent pas mal de terrain. Des emplois figés sur place. De la diplomatie tendue par des menaces. Un astronaute canadien qui entre dans l’histoire. Une famille en deuil qui attend une sentence. Pis des voleurs de cuivre qui dérangent des vies pour du cash rapide. Ces histoires ne se connectent pas proprement. Mais ensemble, elles esquissent un moment. Le Canada qui navigue dans l’incertitude économique. La tension mondiale. Une réalisation historique. La justice différée. Pis un crime qui frappe près de chez nous.