Un rappel coloré de ce qui est en jeu dans le monde naturel de l’Ontario accueille maintenant des milliers d’élèves chaque année au Centre d’éducation en plein air Bluewater. La murale, intitulée Notre chez-nous l’Ontario, a été dévoilée samedi et réunit l’art, l’éducation et l’activisme environnemental dans une installation permanente.
Leopold Baker, un élève de l’école secondaire Walkerton District Community School, a dirigé l’effort créatif. Il a travaillé aux côtés de ses camarades de classe Scarlett Thornton et Reece Collins dans le cadre du Conseil scolaire de district de Bluewater. L’œuvre représente des mois de recherche, de planification et de collaboration — le tout financé par une subvention du Fonds d’action climatique pour la jeunesse conçu pour mettre la sensibilisation environnementale directement entre les mains des jeunes.
La murale elle-même est difficile à manquer. Elle présente des espèces menacées et en voie de disparition qui habitent l’Ontario. Des tortues serpentines, des pics à tête rouge et des noyers cendrés partagent l’espace avec d’autres animaux sauvages et plantes indigènes de la province. Certaines espèces ont été choisies en raison de leur lien avec le terrain entourant le centre d’éducation lui-même, donnant à l’œuvre une saveur distinctement locale.
Avant de trouver son foyer permanent, la murale a voyagé. Elle a été exposée à Wiarton et présentée lors d’une conférence régionale sur le climat pour les jeunes. Maintenant, elle est installée dans le pavillon de la salle de classe d’apprentissage environnemental Bruce Power du centre, où elle restera comme outil pédagogique et amorce de conversation pour les années à venir.
Le dévoilement n’était pas qu’un moment de coupe de ruban. Il a marqué un changement plus large dans la façon dont l’éducation environnementale est abordée à travers l’Ontario. Les projets dirigés par des jeunes comme celui-ci gagnent du terrain, particulièrement alors que les gouvernements et les conseils scolaires cherchent des façons d’engager les élèves au-delà des manuels scolaires et des tests normalisés. Le Fonds d’action climatique pour la jeunesse, qui a soutenu cette murale, est devenu un véhicule clé pour ce genre d’apprentissage par l’expérience.
« Des milliers d’élèves visitent l’installation chaque année », ont noté les organisateurs dans un communiqué suivant le dévoilement. L’espoir est que l’œuvre d’art serve à plus que la décoration. Elle est censée être un rappel durable de l’importance de protéger les écosystèmes de l’Ontario et du rôle que les individus peuvent jouer pour soutenir l’environnement.
Ce message résonne différemment maintenant qu’il ne l’aurait fait il y a une décennie. La biodiversité de l’Ontario est sous pression réelle. Selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, la province abrite plus d’espèces à risque que toute autre juridiction canadienne. La perte d’habitat, les changements climatiques et le développement humain continuent de menacer des espèces comme celles représentées dans la murale. Le noyer cendré, par exemple, est inscrit comme espèce en voie de disparition depuis 2005 en raison d’une maladie fongique qui a dévasté les populations à travers l’est de l’Amérique du Nord.
Le pic à tête rouge, une autre espèce présentée dans la murale, a connu des déclins de population dramatiques. Autrefois commun dans le sud de l’Ontario, il fait maintenant face à des menaces de fragmentation d’habitat et de compétition avec des espèces envahissantes. La tortue serpentine, quant à elle, est de plus en plus vulnérable à la mortalité routière et à la destruction des milieux humides. Ce ne sont pas des préoccupations politiques abstraites — ce sont des pertes visibles qui se produisent dans les cours arrière, les parcs et les zones de conservation à travers la province.
Ce qui rend cette murale significative, c’est qu’elle a été créée par des élèves qui hériteront de ces défis. Leopold Baker et ses collaborateurs n’ont pas juste peint une image. Ils ont fait des recherches sur les espèces, consulté des éducateurs et fait des choix délibérés sur quoi inclure. Ce genre d’engagement est exactement ce que les défenseurs de l’environnement réclament.
Le Conseil scolaire de district de Bluewater a été de plus en plus vocal à propos de l’intégration de l’éducation climatique dans son curriculum. Cette murale s’inscrit dans un effort plus large pour rendre la littératie environnementale aussi fondamentale que les maths ou la littératie. C’est aussi une façon de donner aux élèves un pouvoir d’agir dans une conversation qui semble souvent dominée par les adultes, les entreprises et les organismes gouvernementaux distants.
Le Fonds d’action climatique pour la jeunesse, qui a rendu le projet possible, a été établi pour soutenir exactement ce genre d’initiatives. Il fournit des subventions aux jeunes à travers le Canada qui veulent diriger des projets d’action climatique dans leurs communautés. Depuis son lancement, le fonds a soutenu tout, des campagnes de plantation d’arbres aux vérifications énergétiques dans les écoles. La murale à Bluewater fait partie de ce portefeuille croissant.
Il y a quelque chose de puissant à placer cette œuvre d’art dans un espace où les élèves viennent apprendre sur le plein air. Le Centre d’éducation en plein air Bluewater est depuis longtemps une destination pour les groupes scolaires qui cherchent à se connecter avec la nature. Maintenant, ces visites incluront une rencontre directe avec la réalité de la perte d’espèces et la fragilité des écosystèmes. La murale ne prêche pas — elle présente simplement ce qui est ici et ce qui pourrait être perdu.
Pour Baker, Thornton et Collins, le projet a aussi été une chance de s’approprier un récit qui semble souvent hors de portée. On dit régulièrement aux jeunes qu’ils sont l’avenir, mais on leur donne moins souvent les outils pour le façonner. Cette murale est une petite exception. C’est un artefact physique de la voix étudiante, installé en permanence dans un endroit où il influencera les pairs et les élèves plus jeunes pendant des années.
La question plus large est de savoir si des projets comme celui-ci peuvent se multiplier. Une murale ne renversera pas la perte de biodiversité ni n’arrêtera les changements climatiques. Mais elle fait quelque chose d’également important : elle rend l’enjeu visible, personnel et actionnable. Quand les élèves voient leurs pairs diriger ces efforts, ça normalise l’idée que la gérance environnementale est la responsabilité de tous — pas juste des scientifiques ou des décideurs politiques.
Le système d’éducation de l’Ontario est à la croisée des chemins en ce qui concerne l’éducation climatique. Il y a une reconnaissance croissante que la durabilité doit être tissée dans chaque matière, pas juste dans le cours de sciences. Des projets comme celui-ci suggèrent que les élèves sont prêts pour ce changement. Ils n’attendent pas la permission de se soucier de l’environnement. Ils font déjà le travail.
Alors que la murale s’installe dans son nouveau foyer au Centre d’éducation en plein air Bluewater, elle s’estompera probablement dans l’arrière-plan de la vie quotidienne là-bas. Mais pour les milliers d’élèves qui passeront devant chaque année, elle servira de rappel discret et persistant. Le monde naturel de l’Ontario vaut la peine d’être protégé. Et les gens qui font ce travail ne sont pas juste des adultes — ce sont des élèves avec des pinceaux et une vision de ce qui vient ensuite.